Toujours en quête d’aventure, nous avons récemment foulé le sol tchèque avec nos bottes de marche, pour un weekend de randonnées et d’usage intense de l’allemand.

Samedi matin, heure des poules. Cap sur Železná Ruda, petite ville frontalière tchèque. Pourquoi elle ? Parce qu’elle est située aux portes du Parc national de Šumava, région naturelle protégée qui s’annonce fort intéressante pour la rando. Yalla ! 

Après quelques heures de route vers le sud, nous traversons la frontière. Frontière, dis-je ? Seul un ancien poste douanier aujourd’hui en piteux état nous le laisse croire. Quelques mètres plus loin, une timide affiche annonce la Česká republika. Mais même sans elle, nous l’aurions deviné. Malgré sa proximité géographique, la République tchèque est profondément différente de l’Allemagne. Des marchés aux puces aux toits de tôle bordent la route principale. Des affiches délavées annoncent des prix imbattables sur les cigarettes, l’alcool et l’artisanat. Des bars de danseuses nues, des vieilles voitures et des maisons abandonnées défilent sous nos yeux. Bienvenue à Železná Ruda !

Heureusement, nous ne sommes pas ici pour visiter la ville. Ce sont plutôt les montagnes qui nous appellent ! Après avoir déposé nos sacs au super Penzion Dominik, nous partons en quête de bouffe et d’information. Premier constat : il vaut mieux prendre des devises tchèques avant d’entrer dans le pays. Deuxième constat : il est impératif de parler le tchèque, le russe ou l’allemand. Évidemment, nous sommes partis sans koruna en poche et malgré nos récents progrès en allemand, nous sommes loin de le parler couramment. L’arrêt au bureau d’information touristique est donc tout un cirque : « English, français, español ? ». La jeune fille blasée de me répondre : « Ne ». J’ai le choix entre le tchèque, le russe ou l’allemand. Et bien, c’est là que j’ai eu ma première conversation en allemand. Comme moi, elle ne déclinait rien et tout était masculin.  Quelqu’un me comprenait enfin.

Černé jezero trail

En route vers le Černé jezero !

Notre première randonnée débute dans la cour arrière d’un marché aux puces d’Alžbětín. Malheureusement, le sentier est bétonné. Nous chialons sur ce non-sens alors que nous traversons cette superbe forêt de conifères tapissée de lichen jusqu’au lac glaciaire Černé. Honnêtement, le lac est joli, mais le paysage ressemble beaucoup à ce que nous avons au Québec. Nous tâcherons de trouver une meilleure option pour notre prochaine rando !

Quick nap, Černé jezero

Petite sieste sur le bord du lac, Černé jezero

C’est donc plein d’optimisme que nous partons le lendemain matin à la recherche de bons conseils. Nous roulons vers le village de Prášily, situé au cœur du Parc national de Šumava. Surprise ! Malgré son éloignement, le centre d’information emploie une jeune femme qui parle très bien anglais. Elle nous explique que pratiquement tous les sentiers du Parc furent pavés à l’époque où il était occupé par l’armée soviétique, qui y menait des essais militaires à l’abri des regards. En conséquence, le parc a été interdit au public jusqu’en 1990. Pratiquement tous les bâtiments militaires ont depuis été détruits pour laisser libre cours à la nature, mais les routes sont restées. C’est bien pour la tonne de cyclistes qui sillonnent le parc, mais un peu moins pour les randonneurs adeptes de sentiers sauvages !

Le désastre, Polednik 1315 mètres d'altitude

Le désastre – Polednik

Sur les conseils de notre nouvelle meilleure amie, nous nous engageons dans un sentier sans asphalte, qui nous mènera au sommet du Polednik, à 1315 mètres d’altitude. La montée est définitivement plus agréable qu’hier : les sentiers sont en terre et presque sauvages. Cependant, la végétation semble avoir été saccagée à plusieurs endroits : forts vents, coupes à blanc, insectes destructeurs… Quelques 10 kilomètres plus tard, nous découvrons la cerise sur le sundae. La montagne est coiffée d’un vaisseau spatial brun. C’est une ancienne tour radar, vestige de l’époque soviétique aujourd’hui reconverti en gigantesque centre d’observation touristique. Haute de 37 mètres, la tour semble encore avoir l’ouest à l’œil. Certes, elle dénature le paysage, mais elle nous rappelle aussi que c’est ici même que passait le fameux rideau de fer. C’est pas rien.

Nous ne l’avons peut-être pas eue, cette randonnée sauvage en terre tchèque, mais nous avons goûté pour la première fois à une randonnée historique. Et c’était pas méchant !

 

 

1 commentaire sur «Randonnée à l’ère soviétique»


  1. Lynda Laurin dit :

    bon je crois que c’est toi ma belle Jess qui nous avait fortement suggéré d’acheter des Koruna , pour notre visite a Prague….cordonnier mal chaussé????? Les chutes ressemblent étrangement au Lac de Plitvice en Croatie 🙂 ….que c’est beau!

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