Retour d’expérience : 48h sur les dunes de Merzouga

BIPBIPBIP. Le minuteur de cuisine résonne, signe que votre pâté chinois est prêt. Ganté de vos plus belles mitaines à four, vous vous risquez alors à entrouvrir la porte, histoire de laisser sortir un peu de chaleur avant d’y plonger les mains. Puis, au moment où votre visage s’approche du four, une sensation de chaleur extrême atteint votre nez et s’immisce jusque dans vos narines, rendant chaque respiration désagréable. Vous tentez, tant bien que de mal, d’éviter de vous brûler les poumons et les sourcils en retenant votre souffle et en détournant le visage, vous obligeant ainsi à mener l’opération à l’aveuglette, ou presque. Pas facile, la vie de cuisto !

Mais sachez que ce calvaire quotidien vous permettra de mieux saisir notre état physique et psychologique lors de notre aventure sur les dunes de Merzouga, aux portes du désert du Sahara, en plein mois d’août. L’expérience n’est pas assez fraîche dans votre mémoire ? Allez, aux fourneaux, avant que je ne poursuive !

Weekend à Merzouga

 Transport d’Erfout jusqu’à Merzouga

Dans l’autobus sans climatisation qui nous mène à Erfout, ville frontalière de l’Algérie, nul besoin d’un thermomètre pour constater que les degrés montent au fur et à mesure que nous nous approchons du désert. Le front ruisselant de Francis et de tous les autres passagers, pourtant au repos et bien au vent, me suffisent. Dehors, la végétation se fait de plus en plus rare, signe de l’aridité du climat. Je commence à me questionner : quelle idée de s’aventurer jusqu’ici en plein mois d’août ? Tous les Marocains à qui nous avons parlé de ce projet ont pourtant tenté de nous ramener à la raison, dépeignant le désert en été comme un enfer. Rien à faire, je suis curieuse. Et malgré les gouttes de sueur qui perlent jusque dans mes oreilles, je le suis toujours.

À la sortie du bus, je suis frappée de plein fouet par la chaleur. Connaissez-vous l’expression : «il fait chaud comme dans un four» ? Et bien, c’est exactement cela. Incapable de la supporter, je me réfugie sous le peu d’ombre que compte le stationnement.  L’air et le soleil sont brûlants. À chaque respiration, j’ai besoin d’une gorgée d’eau pour apaiser ma gorge. Un peu plus et les semelles de mes sandales fondent sur l’asphalte. Il faut dire qu’en plein été, les températures peuvent atteindre jusqu’à 60 degrés Celsius au soleil. Or, Erfout n’est que la première étape de cette épopée désertique. Nous montons à bord d’un grand taxi, une Mercedes blanche sans climatisation où doivent s’entasser 6 passagers (deux devant, quatre derrière, sans compter le chauffeur), pour atteindre notre destination finale.

Cap sur Merzouga, un village situé à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Erfout, réputée pour ses dunes. Chaque kilomètre parcouru est un supplice. Les fenêtres du grand taxi demeurent fermées afin d’éviter à l’air chaud d’entrer. Devant nous, la route paraît infinie. Autour, il n’y a que le désert, cette plaine inhospitalière et menaçante, alors que le soleil atteint son zénith. La tête entre les jambes, je ne fais qu’espérer atteindre le prochain village sans tomber en panne. Le reste est flou, un peu comme la brume qui embrasse la route. Je me réveille quelques kilomètres plus tard, alors que nous entrons dans le village de Merzouga. Suis-je tombée dans les pommes ? Probablement. Une passagère me donne de l’eau, encore un peu froide. Déjà, je vais beaucoup mieux.

48 heures à Merzouga

Auberge les Dunes d'Or Merzouga

Porte d’entrée du Sahara, Merzouga était autrefois un important carrefour où transitaient les caravanes. Aujourd’hui, le village, bien que petit, est chaotique. Des hommes vêtus de la robe bleue traditionnelle arpentent la rue poussiéreuse sous un soleil de plomb, traquant les nouveaux arrivants. Autour, de petites maisons basses de couleur sable semblent vouloir se fondre dans le décor des dunes, seules les antennes satellites les trahissent. Difficile de croire qu’ils sont si nombreux à y habiter, et ce même en été. De nombreux Marocains y viennent aussi en vacances pour prendre part aux rites de sablothérapie. Dans un but curatif, on les enterre dans le sable chauffé par le soleil ardent du désert, où ils restent une bonne dizaine de minutes, avant d’en ressortir gelés. Pour une fois, je vais passer mon tour.

Voyage à Merzouga

Balade à dos de dromadaires sur les dunes de Merzouga

L’auberge de charme les dunes d’or

Nous achetons quelques bouteilles d’eau froide avant de monter dans le camion qui nous mène jusqu’à notre hôtel, l’Auberge de charme les dunes d’or, l’une des plus anciennes de Merzouga. À proximité des dunes s’élève cette grande Kasbah, au centre de laquelle trône son attrait principal, unique raison de notre réservation : la piscine.

Nous y passons le plus clair de notre temps, puisqu’aux dires des hommes de la réception, les randonnées sont à proscrire par un temps pareil. De toute façon, avec cette chaleur, il nous sera impossible de faire quoi que ce soit d’autre. Entre la soif et la transpiration, nous ne savons plus où donner de la tête. Le jour, nous nous installons à l’ombre ou dans la piscine, une grande bouteille d’eau froide à la main. Nos Kobos sont inutilisables : les liseuses détestent la chaleur et cessent tout simplement de fonctionner. Nous en profitons donc pour faire la connaissance des autres voyageurs, très peu nombreux en cette période de l’année.

Promenade à dos de dromadaire

Nous prendrons part à une promenade sur les dunes de Merzouga  à dos de dromadaire au coucher du soleil, non sans avoir laissé le temps à nos pauvres petits corps nordiques d’apprendre à supporter ce climat brutal. Heureusement, les températures chutent drastiquement dès la tombée de la nuit, rendant l’aventure plus agréable.

Voyage dans le désert au Maroc

Au terme de ces 48 heures passées à l’ombre et dans la piscine, nous n’avons toujours pas réussi à s’habituer à la chaleur du désert en plein mois d’août. Il faudra revenir en hiver pour connaître les joies de la randonnée dans le désert. D’ici là, nous pourrons nous entraîner en sortant le pâté chinois du four.

7 commentaires sur «Voyage aux portes du Sahara»


  1. Marlène dit :

    OUF moi aussi j’ai très chaud à vous lire. Durant leur hiver ça doit être mieux mais eux doivent nous traiter de fou d’y aller durant cette période…….

    • Effectivement, le mieux c’est d’y aller pendant l’hiver ! Nos systèmes ont moins de mal à s’y faire 🙂 Nous étions dans le désert de Jordanie en janvier 2014 et la température était assez fraîche ! La petite laine était de mise le matin et le soir 😉

  2. Marielle dit :

    Okéééé moins 32 ce matin et plus 50 dans cette aventure…je me contenterais bien d’un plus 25…Vous êtes fous ? Je ne crois pas, vous êtes curieux comme des blettes assurément. Je vous souhaite un retour aux portes du Sahara durant leur saison d’hiver qui tourne paraîtrait-il autour de plus 20 le jour. Les photos encore une fois sont superbes.

  3. lise morin dit :

    ouf, te lire me rechauffe le coeur en cette journée d’hiver de -30 degrés, vous êtes tout simplement magnifiques et les photos le sont tout autant. Quelle aventure…

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