Le 5 juin 2015, nous nous engageons sur le sentier du GR20 en direction du Nord depuis le petit village de Conca. Ce billet décrit la deuxième étape sur le GR20 de Paliri à Asinau, en passant par la variante alpine des Aiguilles de Bavella. Il est la suite de GR20 : De Conca à I Paliri.

Étape 2 : I Paliri –  Asinau (par la variante alpine)

Durée moyenne : 6h00
Distance : 13 km
Dénivelé positif : 1115 mètres
Dénivelé négatif : 640 mètres
Point le plus bas : 1040 mètres
Point le plus haut (Boca di U Pargulu) : 1650 mètres

Ravitaillement au col de Bavella

Réveil difficile encore ce matin, mais on se met vite au boulot pour plier la tente et boucler les sacs dans la noirceur. Le petit-déjeuner, lui, attendra. Avec ce ciel imprévisible qui menacera bientôt de nous tomber sur la tête, il faut vite décamper pour rejoindre le refuge Asinau avant les orages. Après un premier arrêt à une centaine de mètres du refuge pour faire le plein d’eau, sans toutefois trop se charger puisque nous devrions croiser une seconde source sous peu au col de Bavella, nous amorçons notre première montée de la journée. Une épreuve ardue pour nos ventres creux. Faméliques, nous arrêtons au col de Foce Finosa à 1206 mètres d’altitude pour engloutir notre pain sec tartiné de confiture.

Refuge Asinau sur le sentier GR-20

En route vers le refuge d’Asinau

La panse à peu près pleine, nous débutons notre descente sur le sentier qui s’enfonce dans la foret. Grâce au terrain facile, nous arrivons bientôt au petit village de Bavella niché sur le col du même nom, où nous arrêtons pour faire le plein de vivres et d’eau. D’abord, un stop à la fontaine, située devant l’Auberge de Bavella. Puis, tel que suggéré par le gardien du refuge I Paliri, nous dévalisons la petite épicerie de saucissons corses, salades en canne et fruits… à la hauteur de ma faim, déjà de retour au poste.

La variante alpine des Aiguilles de Bavella

Le temps est venu de prendre des décisions. La veille, le gardien nous a fortement recommandé de déserter le sentier normal du GR20, qui contourne sagement les belles Aiguilles de Bavella, et d’opter pour la variante alpine. Marquée de 2 traits jaunes, celle-ci permet de traverser littéralement le massif en marchant sur ses crêtes escarpées. Ce parcours, bien que présentant quelques difficultés techniques et un bon dénivelé, raccourci d’environ une heure le temps de marche de la deuxième étape, en plus d’offrir des vues époustouflantes. Puisque le ciel est toujours bleu, nous disons au revoir aux copains qui choisissent la voie normale et nous nous élançons sur les crêtes !

L’ascension jusqu’au premier col est surprenante. Avec un tas de rochers et d’éboulis en guise de sentier, nous devons nous frayer un chemin jusqu’à Punta di Acellu,  à 1588 mètres d’altitude. En dépit des premières enjambées plus difficiles et des kilos supplémentaires sur le dos, on s’en donne à coeur joie. Bon, d’accord, ce n’est pas doux pour les genoux, mais vaut mieux monter sur ces cailloux que de descendre !

Aiguilles de Bavella

Les fameuses Aiguilles de Bavella

Une fois passée de l’autre côté du col, je suis prise d’un orgasme visuel : nous sommes au coeur des Aiguilles de Bavella, une multitude de pics rocheux s’élèvent sur une forêt de pins qui s’étend jusqu’à la mer. Nous sautillons de rochers en rochers jusqu’à un embouteillage de randonneurs. Le voilà, le passage le plus difficile de la journée : une dalle rocheuse inclinée à descendre à l’aide d’une chaîne. Francis, un peu sous le choc de constater la hauteur de la paroi, me laisse passer en premier. La descente est facile, si ce n’est que le poids du sac qui exige une certaine force dans les bras. Le seul problème est la sortie, où un petit caillou instable est censé faciliter l’atterrissage. J’arrive de peine et de misère à l’atteindre sans me casser la gueule, sous l’oeil attentif de quelques randonneurs qui ne daignent pas lever le petit doigt pour me filer un coup de main. Puis, en bonne amoureuse dévouée, je sers de point de chute à Francis. De la p’tite bière, finalement !

Passage avec chaînes Aiguilles de Bavella

Passage avec chaînes dans les Aiguilles de Bavella

En route vers Asinau

Après une pause bien méritée dans la cuisine aménagée  de nos copains Philippe et Thierry à l’ombre du trou de la bombe, nous amorçons une descente rapide jusqu’au croisement du tracé normal du GR20. Nous traversons la rivière Asinau pour enchainer avec la dernière montée de la journée, mais non la moindre. D’en bas, le refuge a l’air tout près. Dans les faits, la montée de quelques 200 mètres de dénivelé est interminable, surtout avec le ciel qui a depuis peu commencé à gronder.

Le trou de la bombe sur les Aiguilles de Bavella

Le trou de la bombe est le spot parfait pour pique-niquer

Nous perdons de vue le refuge pendant un bon moment, jusqu’à ce qu’il se dévoile au détour du sentier. Alléluia, nous avons gagné cette course contre la montre, ou plutôt contre le ciel qui menace de nous tomber sur la tête. Nous installons la tente en quatrième vitesse, ajoutant au passage quelques piquets et cordelettes pour optimiser la résistance au vent. Le terrain étant très exposé, nous en aurons plein la gueule si tempête il y a.

Puis, le temps d’une bonne douche froide, d’une bière et d’un sac de chips partagé avec les autres randonneurs sur la terrasse du refuge, les nuages ont déserté la vallée. Nous fêtons la bonne nouvelle avec de monstrueuses assiettes d’une bouillie de lentilles… douteuse. Le plat n’étant pas à la hauteur de nos attentes en matière de festivité, nous décidons de nous offrir un second cadeau, en nous glissant dans les sacs de couchage avant même le coucher du soleil. Pépère et mémère sur le GR20, c’est nous.

Pour lire la suite, c’est par ici : GR20 de Asinau à Usciolu !

Camping refuge Asinao

Le camping au refuge d’Asinau

4 commentaires sur «GR20 de Paliri à Asinau»


  1. […] lire la suite, c’est par ici : GR20 de Paliri à Asinau […]

  2. […] Le 5 juin 2015, nous avons débuté le GR20 dans le sens Sud – Nord à partir du village de Conca. Ce billet est le récit de notre troisième journée de randonnée entre le refuge Asinau et le refuge Usciolu, en passant par l’ancien tracé du GR20. Il est la suite de GR20 : Paliri à Asinau. […]

  3. lise dit :

    Tu nous en mets plein la vue et les oreilles ma belle Jessica, on ne se lasse jamais de te lire, c’est un livre que tu devrais écrire parce quand on commence la lecture, on veut plus que ça arrête. J’ai déjà hâte à la suite….en espérant que Francis va se reprendre pour la courtoisie…(hi!hi!hi!)

  4. Marielle dit :

    Le ventre vide…non non non faut jamais faire ça ;-)…je suis prise d’un orgasme visuel…je vais me chercher un deuxième café pour la suite…me laisse passer en premier…un peu pissou le monsieur ;-)…qui ne daignent pas lever le petit doigt pour me filer un coup de main…qu’est-ce tu veux c’est pas donné à tout le monde l’entraide…d’une bonne douche froide, d’une bière…Éh qu’à devait être bonne Madame, pas la douche, la bière…….On s’en lasse pas, le récit est captivant, j’ai même pas eu le temps de terminer mon café j’suis restée accrochée à ton orgasme visuel :-))))))

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