Le 5 juin 2015, nous nous sommes lancés sur le GR20 dans le sens Sud – Nord à partir du village de Conca. Ce billet est le récit de notre quatrième journée de randonnée sur le GR20 de Usciolu au Col di Verde, en passant par le refuge Prati. Au menu : des crêtes, des sommets et une visibilité nulle !

Ce billet est la suite de GR20 de Asinau à Usciolu. 

Étape 4 du GR20 de Usciolu au Col di Verde

Réveil brutal ce matin. On «cogne» à la porte de la tente, qui est étonnamment toujours bien piquée à flanc de montagne malgré les grands vents d’hier. Qui va là ? Ce sont nos compagnons nous annonçant qu’ils quittent l’aventure ici, à Usciolu.

Après une réunion au sommet, c’est-à-dire bien emmitouflés dans nos sacs de couchage en rêvant à des boissons chaudes que nous n’avons pas, nous décidons tout simplement d’adapter nos plans à la nouvelle situation. L’itinéraire normal devait nous mener jusqu’au refuge de Prati, mais puisque nous sommes maintenant les seuls capitaines de notre destinée, nous tenterons de pousser jusqu’au Col di Verde. Sur papier, c’est une toute petite journée sans réelles difficultés techniques mais avec de la crête et beaucoup de descente en fin de journée pour atteindre le Col. Certes, ce sera un tantinet désagréable pour les genoux, mais ça en vaut le coup. Au bout de ces quelques 15 kilomètres est niché le fabuleux Relais San Petru di Verde et ses douches chaudes. J’ai bien dit douches chaudes. Il n’en fallait pas plus pour me motiver à l’extrême.

Rando sur le GR20 de Usciolu au Col di Verde

Lever du soleil sur le GR20 près d’Usciolu

Après avoir chuchoté de plates adieux et convenu du lieu des retrouvailles post-GR20 entre deux tentes, Francis et moi remontons vers la terrasse panoramique du refuge d’Usciolu où nous croisons nos habituels copains de marche. Ils partent devant en quête des fameuses douches, tandis que nous prenons tranquillement notre petit-déjeuner avant de nous élancer à nouveau sur le GR20, non sans leur avoir fait promettre de nous garder de l’eau chaude !

Étape 4 : Usciolu – Col di Verde
Durée : 8h00
Distance : 14,57 km
Dénivelé positif : 743 mètres
Dénivelé négatif : 1195 mètres

 Scrambling sur les crêtes

Dès les premiers pas, je suis subjuguée par la beauté du paysage. La faible lumière du soleil levant caresse d’un côté le vert des crêtes du Monte Formicola et de l’autre, la mer. On dit souvent que les plus beaux endroits sont aussi les plus difficiles d’accès. Nous en avons ici la preuve.

Randonnée GR20 Corse

Sans être mortel, le sentier monte bien jusqu’à atteindre la Punta Bianca et fiche la trouille à quelques reprises alors qu’il nous force à bondir de rochers en rochers sur la crête (désolée, pas de preuves en photo, mes mains et mon esprit étaient fort occupés). Ces passages épicés de scrambling en altitude nous confortent dans le choix de nos amis de ne pas poursuivre l’aventure. Ç’aurait été probablement trop cowboy.

Punta Della Cappella dans la tempête

Débarrassée de ma première ampoule crevée à l’aide d’une aiguille et du fil, j’arrive à conserver un bon rythme. Après une brève pause à baver devant le panorama avec les copains de route retrouvés, nous reprenons tous la marche. Nous descendons avec entrain jusqu’au Col de Laparo, à 1511 mètres d’altitude, avant d’entreprendre une nouvelle montée. À l’approche de la Punta Della Cappella, montagne culminant à 1969 mètres d’altitude, d’épais nuages s’installent. Nous décidons de faire un bref arrêt pour étudier les mouvements du ciel. Malheureusement pour nous, rien ne bouge et un épais brouillard s’installe. Impossible de deviner la croix censée marquer le sommet. Déjà sur la crête depuis un long moment, nous n’avons d’autres choix que de poursuivre notre chemin. Francis active la carte GPS sur son téléphone pour s’assurer que le groupe garde le cap, les balises rouges et blanches étant désormais difficiles à repérer malgré nos 6 paires d’yeux ! Voyez (ou pas) vous même :

Tempête de grêlons sur le GR20

Visibilité réduite à Punta Della Cappella

À la file indienne, nous repartons prudemment vers la droite afin de contourner ce massif pour rejoindre le refuge Prati. Malgré quelques confusions, nous arrivons à sortir des éboulis indemnes. Mais à peine nous sommes-nous éloignés du sommet que le ciel prend sa revanche : des grêlons de près d’un centimètre de diamètre s’échappent des nuages pour venir fouetter nos pauvres petits corps déjà éprouvés par les kilomètres parcourus. Heureusement, l’attaque ne dure qu’un court instant, nous permettant de rejoindre le refuge de Prati avant qu’une pluie torrentielle ne se mette de la partie.

 À l’abri au refuge Prati

Alors que la tempête fait rage sur le GR20, nous nous retrouvons confortablement attablés dans le refuge Prati à trinquer en mangeant du saucisson corse, interrompus par les autres randonneurs qui franchissent le pas de la porte au compte-gouttes, complètement trempés. Pour célébrer notre chance, on s’offre tous une palette de chocolat à moitié fondue. Dans ces temps difficiles, c’est du vrai bonheur en barres.

Malgré le mauvais temps, nous sommes décidés à ne pas passer la nuit ici. D’abord, il y a cette promesse de douches chaudes qui nous appelle. Puis, il est à peine midi et le refuge est déjà plein, tandis que la plaine prévue pour installer les tentes ne nous paraît pas très indiquée par un temps pareil. Finalement, l’accueil réservé aux randonneurs nous laisse un petit goût amer…

 Une équipe est née au Col di Verde

La tempête passée, nous revoilà déjà sur le GR20, les bottes de randonnée bien sèches mais sur un sol bien humide. La descente raide et caillouteuse jusqu’à Bocca Di Verde se fera très tranquillement pour moi, dans l’espoir d’épargner mes genoux. Après une descente plutôt abrupte en forêt, j’aperçois enfin celui à qui je dois toute ma motivation : le Relais San Petru di Verde. Je pose mon sac sur la terrasse et déjà on me met une bonne Pietra bien froide entre les mains, signe que la journée est bien terminée. Avec les copains de route, on fait fi des odeurs et on se serre bien fort pour se féliciter du chemin parcouru et des défis relevés. Une équipe est née.

Nous réservons le repas : salade niçoise, côte de porc grillée sur feu de bois, gâteau, vino, alouette. Puis, les tâches régulières s’imposent : faire la lessive et installer notre campement. Le Relais San Petru dispose de plusieurs emplacements boisés non loin des blocs sanitaires et nombreux sont ceux qui sont toujours inoccupés, nous laissant ainsi tout le loisir de choisir le meilleur spot. En fait, Francis s’occupe de la tente. Moi, je suis déjà dans la douche chaude, avec la lessive.

Mama Mia, c’est bon.

Lire la suite : Étape 5 – Col de Verde à Capannelle.

Col di Verde

4 commentaires sur «GR20 de Usciolu au Col di Verde»


  1. […] Il est la suite de GR20 de Usciolu au Col de Verde. […]

  2. Marielle dit :

    Votre courage et votre détermination sont très énergisants pour nous, après la lecture de cette autre belle aventure ça nous redonne du «pep»…en parlant de douche chaude, justement hier sur le retour d’un séjour de 9 jours en Abitibi dans l’bois avec les mouches à chevreuil, maringouins, brûlots et mouches noires (j’en oublie peut-être), nous rêvions aussi d’une bonne douche chaude, je comprends ta fixation d’arriver au plus c… 😉 !

  3. lise dit :

    Je découvre que votre route n’a pas été facile mais que c’est à ce moment là qu’on peut savouver les petits bonheurs de la vie. Merci Jessica de nous partager ces moments et merci à la vie de vous guider et de vous ramener sains et saufs. xxx

  4. […] lire la suite, c’est par ici : GR20 de Usciolu au Col di Verde […]

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