Nous avons commencé notre aventure par un vol de Montréal vers La Paz, la capitale administrative de la Bolivie. En moins de deux – ou devrais-je dire 3 vols -, nous passions de 27 mètres au-dessus du niveau de la mer à 4 061 mètres d’altitude à l’aéroport El Alto. Ayant tous les deux monté régulièrement en haut de 3000 mètres dans les Alpes et avec Francis qui a fait le Huayna Potosi (6 088 mètres d’altitude) et le Kilimandjaro (5 895 mètres d’altitude), on ne pensait pas être très affecté par le mal des montagnes en restant quelques jours à 3 639 mètres d’altitude avant de poursuivre la montée. Or, il a décidé de venir me faire un petit coucou.

Qu’est-ce que le mal des montagnes ?

Le mal (dit aigu) des montagnes survient lors d’une montée trop rapide en altitude. Généralement, il apparait dans les premières heures passées à la nouvelle altitude. En raison du manque d’oxygène, il peut causer des maux de tête et de la fatigue, mais aussi de l’insomnie, une perte d’appétit, des nausées et même des vomissements. Dans les cas les plus graves, en très haute altitude, il peut aller jusqu’à engendrer des œdèmes pulmonaires, des œdèmes cérébraux ou la mort.

Les premiers signes du mal des montagnes à La Paz

À notre arrivée à l’aéroport international El Alto qui culmine à 4 061 mètres d’altitude, tout allait bien. Nous avons récupéré les gros sacs, sauté dans un taxi et rejoint un lit douillet pour y passer la nuit. Le lendemain, nous avons marché la ville de long en large sans aucun problème sauf peut-être l’essoufflement – mais rien d’anormal quand on sait que la ville se trouve à 3 639 mètres d’altitude.

La ville de La Paz est en haute altitude

La ville de La Paz est construite dans un bol à 3 639 mètres d’altitude

Par contre, lors de la deuxième nuit, je me fais réveiller par de violents maux de tête qui me donnent un mal de coeur pas possible et des étourdissements. J’arrive de peine et de misère à retrouver le sommeil après avoir avalé de l’ibuprofène, mais je me fais vite réveiller une seconde fois par la douleur qui revient au galop. Je suis hyper sensible : je ne supporte pas les odeurs, la lumière, le froid et le chaud et j’ai envie de vomir dès que je bouge. Je me sens comme si j’avais pris une brosse géante à la téquila, exposant 1000.

Comment traiter le mal des montagnes

Le maté de coca

J’arrive quand même à sortir du lit, dans l’idée de siroter au plus vite un maté de coca. Cette infusion, faite de feuilles de coca, est reconnue dans les Andes comme étant un super remède contre le mal des montagnes. Selon les dires, les feuilles de coca, que l’on peut boire en infusion ou mastiquer comme le font les populations andines, favorisent l’absorption d’oxygène dans le sang et aident ainsi à combattre le mal des montagnes. Au début, son goût un peu amer est surprenant, mais en y ajoutant du sucre on s’y habitue rapidement.

Mate de coca contre le mal des montagnes

Le maté de coca aide contre le mal des montagnes

Les trucs d’un guide de haute montagne

Après un très petit déjeuner, nous allons consulter le guide de montagne avec lequel nous devons partir dans quelques jours pour un trek à travers le massif du Condoriri. Habitué au mal des montagnes, ce qu’il appelle le Soroche, il partage avec moi ses meilleurs trucs : du maté de coca et de l’eau à profusion, pas de café ni d’alcool, du repos et des Punacap. En vente libre dans les pharmacies, il est l’équivalent bolivien du Diamox, un médicament composé d’acétazolamide, d’acétaminophène et de caféine pour combattre les symptômes et aider à l’acclimatation. Aussitôt dit, aussitôt acheté (parce qu’en Bolivie, des prescriptions, c’est facultatif).

Au Québec, le Diamox est disponible sous prescription. Renseigne-toi auprès de ton médecin avant le grand départ !

Les effets secondaires du Punacap

Bientôt, je me sens mieux. Je ne dors toujours pas beaucoup à cause de la caféine présente dans les cachets de Punacap, mais je me sens assez bien à La Paz pour tenter une rapide excursion en haute altitude histoire de tester ma condition, avec la bénédiction de notre guide de haute montagne. Nous partons pour Chacaltaya, une ancienne station de ski fermée depuis 2005 en raison de la fonte du glacier.

Mal de l'altitude en Bolivie

Sur le sentier menant au sommet de Chacaltaya

L’autobus nous dépose au refuge, puis nous devons monter un tout petit peu pour atteindre le sommet à 5 421 mètres d’altitude. Dans le bus, j’ai les pieds et les mains qui s’engourdissent – un effet secondaire connu du Punacap, mais quand même épeurant pour quelqu’un qui google tous ses symptômes pour s’assurer qu’elle ne va pas mourir (de grâce, ne faites pas comme moi) ! Je fais la danse de Saint Guy sur mon siège et les engourdissements disparaissent.

Nous arrivons au refuge de Chacaltaya et je me sens tout comme à La Paz, quoiqu’un peu plus essoufflée. J’entreprends la petite montée vers le sommet. Je fais 30 pas très tranquilo, puis je prends une pause pour éviter de trop m’essouffler et d’hyper ventiler (oui, oui, je les compte par précaution !). Mais juste avant d’atteindre le sommet, j’ai le visage qui s’engourdit d’un coup. Je ne sens plus mes lèvres, ma langue, ni ma joue gauche. Probablement que j’ai de la bave qui coule sur le coin de la bouche mais je ne peux pas la sentir. Je capote.

Le mal de l'altitude à La Paz

Une photo de dos au sommet du Chacaltaya – pas pour faire cute, mais parce que j’ai le visage bien engourdi.

En arrivant au sommet, je demande immédiatement à Francis (qui m’y attendait déjà depuis un bon moment) si j’ai les lèvres bleues – un signe d’oedème. Il n’en est rien. L’engourdissement n’est qu’un autre effet secondaire du Punacap. Je l’apprendrai à mon retour à l’hôtel… toujours grâce à mon ami Google.

Finalement, le mal des montagnes est disparu le lendemain au petit matin, après 5 jours à La Paz. J’ai pu poursuivre mon voyage vers le désert d’Uyuni et l’Altiplano, où nous avons atteint 5000 mètres d’altitude, sans aucun problème. Adios Punacap !

Mes conseils pour se débarrasser du mal des montagnes

  1. Y aller graduellement. Si possible, n’atterrissez pas directement à La Paz si vous venez d’un endroit près du niveau de la mer. Faites quelques étapes, de plusieurs jours s’il le faut, avant de rejoindre les 4 000 mètres d’altitude. En y allant graduellement, le choc sera moins grand.
  2. Si vous êtes en trek en haute altitude (au-dessus de 3 500m), la règle d’or est de « grimper haut, dormir bas ». Il est recommandé d’avoir un dénivelé positif maximal de 500 mètres pour le lieu de repos. On monte de 1 000 à 1 500 mètres et on redescend pour dormir. Pour plus d’info sur l’acclimatation en trek, visitez le dossier plutôt complet de TrekMag.
  3. Buvez du maté de coca, toujours. Le matin, remplacez votre café (de toute façon néfaste lorsqu’on est atteint du mal des montagnes) pour un thé de coca. Pendant la journée, si vous n’avez pas d’eau chaude, vous pouvez aussi acheter des feuilles et tout simplement les mettre dans une bouteille d’eau. N’oubliez pas le sucre !
  4. Choisissez le Tylenol (acétaminophène) plutôt que l’Advil (ibuprofène) pour vous débarrasser de vos maux de tête.
  5. Laissez-vous du temps. En voyage, on est trop souvent impatient de tout voir. Or, l’acclimatation demande du temps. Si vous avez des activités qui demandent de l’énergie à tous les jours, votre système n’aura pas le temps de bien s’adapter.

7 commentaires sur «Atterrir à La Paz : survivre au mal des montagnes»


  1. Lise St Arnaud dit :

    Lors de notre séjour dans le désert d’Atacama, l’on nous disait de boire beaucoup d’eau afin d’évacuer les toxines! Bravo pour ta persévérance!

  2. Francine dit :

    Ma chère mlagré les souffrances que tu as eu tu aimes tellement l’aventure que tu y va a fond la pédale mais aussi il faut écouter son corps 😉

  3. Mimi dit :

    J espère que tout va continué de bien allé pour suivre ta nouvelle aventure . . Il n’y a pas juste le crayon qui est avec toi . Je te suis 😘🤗

  4. lise dit :

    Fiou tu es sauvée ma belle Jessica, contente pour toi. Continuez votre beau voyage et n’oubliez pas d’être prudents les amours.xx

    Merci pour tes bons trucs, je suis certaine qu’ils seront pratiques pour d’autres aventuriers.

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