« Pis, c’était comment ? Raconte-moi tout ! ». C’est la question qu’on nous a le plus posée depuis notre arrivée à Montréal. Et quelle question. Ça fait 9 mois qu’on a quitté le boulot et l’appartement en Allemagne pour partir à l’aventure. Depuis, on a foulé les sentiers de Patagonie, de Nouvelle-Zélande, de Tasmanie, du Népal et de Mongolie et on a fait du kayak en Antarctique. Les aventures se sont succédé à un rythme effréné. Il y a tant à raconter. Et nous, on ne sait plus par où commencer.

Un soir, alors qu’on peinait à trouver le sommeil (bonjour le décalage horaire), on a essayé de mettre de l’ordre là-dedans histoire de pouvoir vous raconter. Or, les souvenirs qui nous venaient à l’esprit n’étaient pas nécessairement les plus beaux. Non, les souvenirs de voyage qui resurgissaient étaient ceux où on s’était sérieusement remis en question. Les fois où on s’est demandé : « Kessé qu’on fait là ? Non mais, à quoi on a bien pu penser ? ».

Et on éclatait de rire, parce qu’en même temps, sur le coup on capotait, mais avec du recul on réalise que c’était tout simplement l’essence même du voyage. Le voyage est initiatique : c’est la découverte d’un autre monde, mais aussi de facettes de notre propre personnalité que nous ne connaissions pas.

Des fois, en voyage, ça va mal : mauvaise météo, choc culturel, ennuis de santé… Dans ce temps-là, t’as juste une envie : prendre tes jambes à ton coup et retrouver le confort de ta maison. Mais tu ne le fais pas et tu découvres finalement une force intérieure qui te permettra de continuer – même si tu te demandes : non mais, kessé qu’on fait là ? C’est ça, le voyage. En voici quelques exemples :

1. Un début de voyage chaotique à La Paz en Bolivie

Mal d'altitude à La Paz

On va se le dire, la Paz n’est pas une ville des plus reposantes. Avec plus d’un million d’habitants, entassés dans un bol à 3600 mètres d’altitude, entre d’épais nuages de pollution, c’est loin d’être une destination rêvée pour des amateurs de plein air. Quand on est frappé par le mal de l’altitude, ça devient toute une épreuve. Et quand le trek que tu devais faire au Condoriri est annulé en raison des mauvaises conditions météo et que tu es forcé de rester une semaine de plus dans la capitale bolivienne, tu as un peu envie de pleurer. On ne se rappelle plus trop ce qu’on a bien pu faire pour tuer le temps à La Paz et rester dans une chambre dégueulasse à l’Hotel Sagarnaga aussi longtemps, mais on y a survécu.

2. Une nuit sous la tente à Torres del Paine avec des vents de 80 km/h

Vent à Torres del Paine

La tente toujours intacte au petit matin.

C’était notre deuxième journée sur le W trek à Torres del Paine au Chili. Gros soleil, ciel bleu, et un vent à écorner les boeufs, comme il en est coutume en Patagonie. Entre deux bourrasques, nous avons piqué notre tente Marmot Thungten UL 3P aussi bien que possible sur le terrain exposé du refuge Paine Grande. Autour de nous, quelques tentes étaient déjà tombées au combat et le vent s’intensifiait de plus en plus. Nous avons donc ajouté quelques cordes avant d’aller nous coucher, en espérant ne pas nous envoler pendant la nuit. Notre souhait fut exaucé, mais j’ai dormi avec la toile de la tente qui me fouettait le visage pendant que Francis dormait comme une bûche. Dormir pour moi était en fait un grand mot. J’ai plutôt attendu que la tempête passe, couchée dans une tente pliée par les coups de vent. Et je me demandais vraiment ce que je faisais là, frigorifiée et incapable trouver le sommeil – surtout en pensant à la journée de 20 kilomètres de marche qui m’attendait le lendemain. Ce n’est pas comme si j’avais eu le choix, mais j’ai trouvé la force d’y parvenir.

À notre grande surprise, la tente était toujours intacte au petit matin, tout comme les MSR et les tentes tunnel. Le reste était dans un mauvais état. Clique ici pour lire nos conseils sur les tentes à utiliser en Patagonie.

3. Surpris par une tempête de grêle sur le Cerro Guanaco à Ushuaïa

Trek Cerro Guanaco

Le lendemain de notre arrivée à Ushuaïa, à la fin du mois de novembre 2017, le sol était tout blanc. Alors que le calendrier indiquait que le printemps était bel et bien arrivé à Ushuaïa, une tempête de neige s’abattait sur cette ville que l’on surnomme « le bout du monde ». Le camping était à l’eau et nous nous sommes rabattus, peinés, sur un petit hôtel loin d’être abordable. Qu’à cela ne tienne, nous avions bien l’intention de fouler les sentiers du Parc national Tierra del Fuego. Une journée où le ciel nous semblait favorable, nous avons donc entrepris la plus ardue des randonnées du parc : le Cerro Guanaco. D’une longueur d’environ 10 kilomètres et d’un dénivelé positif de 1000 mètres, elle présente l’attrait de traverser 3 zones de végétation bien différentes. D’abord, on marche dans la forêt qui ceinture le Lago Roca, avant de traverser un marais (attention : bottes de randonnée, guêtres et bâtons de marche suggérés) pour finalement dépasser la ligne d’arbre et marcher sur la crête.

On a sacré comme jamais en traversant le marais. On y a piétiné plus longtemps que prévu en s’éloignant du chemin sans le vouloir, les indications probablement noyées dans la bouette. Déjà, j’avais envie de rebrousser chemin, mais la curiosité me poussait à continuer. Puis, juste avant d’atteindre la crête, d’épais nuages se sont amassés autour de nous et se sont mis à cracher de la grêle. Et en altitude, la grêle, c’est assez violent. On a finalement dévalé la montagne en tentant de se protéger autant que possible sous nos Buffs. Francis a même exécuté un back flip en glissant dans le marais. Pourquoi, déjà, voulait-on tant partir en randonnée malgré la météo difficile ?

4. Le passage de Drake

Dans le passage de Drake, quand les vagues atteignaient un bon 10 mètres, je me suis demandée pourquoi diable je m’étais embarquée là-dedans. C’est que c’est loin d’être plaisant de passer deux jours couchée dans une minuscule salle de bain à cause du mal de mer. On finit un peu par oublier notre but. J’essayais de garder la vision des manchots en tête, mais mon cerveau me disait : t’aurais tout aussi bien pu aller les voir au Biodôme et t’éviter bien des désagréments. Je vous raconte ma traversée en détail (mais pas trop) dans cet article : En route vers l’Antarctique : le passage de Drake.

5. Le plus beau hike de Nouvelle-Zélande… dans les nuages

Tongariro Alpine Crossing

Tongariro Alpine Crossing dans les nuages

Nous attendions déjà depuis un bon 3 jours une fenêtre météo qui allait nous permettre de nous élancer sur le sentier du Tongariro Alpine Crossing quand la grosse pluie a finalement cessé. Nous avions fait preuve de patience, parce que le sentier est reconnu comme étant la plus belle randonnée sur l’île du Nord. C’est aussi un lieu de culte pour les adeptes du Seigneur des Anneaux : c’est là que les scènes sur les terres du Mordor ont été tournées. Bref, nous sommes partis plein d’espoir le 25 décembre au lever du jour. Le ciel était toujours bien couvert, le vent soufflait un peu trop fort et un crachin nous brouillait la vue, mais les prévisions météo annonçaient un éclaircissement. Après 2 heures de marche, nos pieds mouillés n’étaient pas loin de se transformer en blocs de glace. Le célèbre Mount Doom (mont Destin en français) se cachait derrière les nuages, et on ne s’est arrêté que très rapidement pour faire quelques photos devant les lacs turquoise, le temps d’une éclaircie. Finalement, on terminera la randonnée de 20km sous le soleil, mais on n’aura rien vu – ou presque.

6. Du monde à la messe sur l’Everest Base Camp Trek

Foule sur le Everest Base Camp Trail

Congestion sur le sentier du Everest Base Camp Trek

On adore les longs treks en pleine nature, mais pas quand on doit partager le sentier avec une foule d’autres marcheurs. C’est pourquoi, lors de la planification de notre voyage au Népal, nous avions choisi de faire le Three Passes Trek (Trek des 3 Cols en français) à la place du Everest Base Camp Trek. Au dire de tous, le premier, plus long et plus difficile physiquement, est beaucoup moins fréquenté que le deuxième.

Nous l’avons constaté quand nous avons rejoint le sentier du Everest Base Camp Trek, que nous appellerons « l’autoroute », à Lobuche. Des groupes de marcheurs avançaient à la queue leu leu, certains bien péniblement, d’autres avec des radios portatifs qui crachaient des hits populaires dans le silence de l’Himalaya. Une congestion se formait ici et là, et se poursuivait ainsi pendant plusieurs kilomètres jusqu’au Base Camp. Normalement, nous aurions dû rejoindre la parade pour aller profiter de la vue sur l’Everest depuis Kala Patthar, mais nous avons préféré rejoindre les hauteurs désertées de Chuukung. Tant pis pour le Base Camp.

7. « La théorie de l’évolution est fausse » selon Kopan

Monastère de Kopan
Après une première expérience de méditation réussie à l’excellent Blooming Lotus Yoga à Bali, nous avons décidé de poursuivre notre aventure spirituelle au Népal. Nous nous sommes inscrits au célèbre Monastère de Kopan à Katmandou pour une retraite de méditation de 10 jours. Au menu : introduction au bouddhisme tibétain et séances de méditation guidées. Tout se déroulait bien jusqu’à ce qu’un professeur affirme que selon les croyances bouddhistes, l’homme n’a pas évolué du singe. Kessé qu’on fait là déjà ?

8. Dans la tempête sur la Three Capes Track en Tasmanie

Cape Hauy

Tout le monde nous le disait : on ne rigole pas avec la météo en Tasmanie. Or, quand tu fais un trek, il arrive que tu n’aies pas le choix de continuer de marcher pour arriver à destination. Lors de notre randonnée de 4 jours sur la Three Capes Track, nous avons pu expérimenter les conditions extrêmes de la Tasmanie. Le dernier jour du trek, alors que nous devions marcher du refuge Retakunna à la baie de Fortescue en passant par le Cap Hauy pour attraper le bus de retour, on annonçait des rafales à près de 100 km/h. On espérait qu’encore une fois, la météo allait se tromper, mais les rafales sont bien arrivées tandis que l’on s’approchait du Cap Hauy, où le sentier est très exposé. La pluie et la grêle se sont mis de la partie, et on n’avait nulle part où s’abriter. En deux temps trois mouvements, nos pieds étaient trempés. On a finalement pataugé sur plusieurs kilomètres dans nos bottes de marche « imperméables ». À la fin de la journée, j’ai dû tordre mes bobettes.

9. En camping sur la neige dans les steppes mongoles

Neige en Mongolie

Francis et notre tente 4 saisons

On partait pour un trek de 3 jours dans la région du lac Naiman en Mongolie quand on s’est fait surprendre par une tempête de neige. À notre réveil, de la neige s’infiltrait dans la yourte que l’on devait maintenant quitter pour partir à l’aventure avec notre tente sur le dos. Yé ! Sortir des sacs de couchage quand il fait -15 est une sacrée épreuve, mais le pire restait à venir. Dehors, le vent perçant s’abattait violemment sur les steppes et nos pauvres petites joues. Il ne faisait pas froid, mais frette. Tellement qu’on ne voulait même pas s’arrêter pour boire, manger ou prendre des photos. On a donc marché le jour 1 et la moitié du jour 2 avant de piquer la tente sur la neige. Aussitôt fait, nous nous y sommes engouffrés tout habillés pour enfin s’abriter du vent. Couchés en cuillères, on a tenté de se réchauffer autant que possible. On se demande encore ce qui nous est passé par la tête quand on a décidé de partir malgré la tempête. Ah oui, c’est vrai. Des steppes enneigées, c’est plus que beau !

Neige en Mongolie

Les steppes mongoles sous la neige

10. Air China : pu jamais

Nous avons acheté un vol de retour de la Mongolie vers Montréal avec Air China pour le segment Oulan-Bator vers Pékin, puis Air Canada pour le trajet entre Pékin et Montréal. Malheureusement pour nous, le premier vol a été annulé par Air China le matin même de notre départ. Nous avons donc manqué tous les autres vols vers la maison. À l’aéroport d’Oulan-Bator, après 3 heures d’attente sans pouvoir parler à quiconque, une employée d’Air China toujours en pyjama nous a assuré qu’elle s’occuperait de nous réserver de nouveaux vols et une chambre d’hôtel au besoin. Le pyjama aurait dû nous inquiéter. Nous nous sommes retrouvés à l’aéroport de Pékin à 1h00 du matin sans visa et sans assistance. Les seuls employés d’Air China que nous avons pu trouver ne parlaient pas un mot d’anglais. Finalement, c’est une jeune fille aux douanes qui nous a aidé à trouver le bureau d’Air China situé à l’extérieur de la zone internationale. Nous y sommes arrivés deux heures plus tard, le temps d’appliquer pour les visas. Pire encore : la compagnie nous a installés à l’hôtel Hoya Business Center pour la nuit. Pour vous donner une idée de l’état des lieux, j’ai pris ma douche avec mes sandales et j’ai dormi tout habillée, par-dessus un grand foulard pour ne toucher à rien.

 

À ton tour maintenant : Raconte-nous ton moment « kessé que je fais là » en voyage !

4 commentaires sur «Top 10 des moments « kessé qu’on fait là ? » en voyage»


  1. Nathalie dit :

    Wow!!!!
    T es hot 🔥

  2. Francine Chaput dit :

    Que d’aventures vous /êtes vraiment des courageux et remplis de forces intérieurs bravo et merci de partager vos experiences j”adore vous lire.

  3. Thecle dit :

    Merci pour nous montrer et nous partager chaque coin connu et vécu avec tous les côtés positifs ou pas, vous nous faites vivre vraiment des grands moments et on se croirati realmente en votre compagnie!! Se génial de vous lire!!! Bravo !!!!!

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